Comment ne pas être impacté par les turbulences actuelles ?
Intelligence émotionnelle : ce que Google, les neurosciences et votre cœur ont en commun !
L’intelligence émotionnelle (IE) pourrait bien être LA clé du XXIe siècle pour naviguer avec discernement dans un monde en bouleversements constants.
Mais de quoi parle-t-on exactement ? Il s’agit de nos ressources intérieures, de la capacité à raisonner à partir de nos émotions pour nous adapter efficacement aux situations extérieures — sans nous épuiser, dans une optique de partage et d’inclusion plutôt que de clivages.
Longtemps cantonnée au registre du développement personnel et du « bien-être », l’intelligence émotionnelle s’impose aujourd’hui comme un ensemble de compétences essentielles :
Le référentiel EQ-i (Emotional Quotient Inventory) est un outil d’évaluation reconnu internationalement qui permet de mesurer de manière précise et fiable les différentes composantes de l’intelligence émotionnelle qui mesure l’impact des émotions sur nos modes de pensée et de comportement.
Conçu par le psychologue Reuven Bar-On, cet inventaire identifie en réalité ce que l’on appelle communément les compétences psycho-sociales d’un individu ou d’un groupe d’individus et leur’ capacité à gérer leurs émotions, à entretenir des relations harmonieuses et à s’adapter aux exigences de leur environnement personnel et professionnel.
L’EQ-i se compose de plusieurs dimensions, telles que la conscience de soi, la gestion du stress, l’empathie, le sens de la réalité, l’optimisme…qui forment un socle solide pour développer des compétences émotionnelles adaptées aux défis actuels.
En s’appuyant sur cet outil, les accompagnements personnalisés permettent un état des lieux efficace pour cibler des leviers de progrès concrets, favoriser la résilience et un meilleur équilibre émotionnel, facteur de bien-être et de performance durables.
Ce référentiel est particulièrement pertinent pour les personnes présentant des profils spécifiques tels que les hypersensibles, les personnes avec un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), ou encore les hauts potentiels intellectuels (HPI), qui peuvent rencontrer des défis particuliers dans la gestion et la compréhension de leurs émotions. Mais aussi :
- Pour les leaders, managers, RH, et professionnels de l’accompagnement ;
- Pour les salariés en quête de réalisation personnelle et professionnelle ;
- Pour les jeunes, souvent en perte de repères et en quête de sens
Pourquoi l’intelligence émotionnelle est-elle si importante aujourd’hui ?
Nous aspirons tou·te·s à exercer une activité qui fasse sens, qui allie bien-être et une place juste dans l’entreprise ou l’organisation. Pourtant, trop souvent, la réalité est autre :
Le cœur s’éteint à force de faire quelque chose qui ne nous fait pas vibrer,
et œuvrer pour ce que l’on aime sans être rémunéré·e finit par nous user.
L’intelligence émotionnelle peut changer la donne, car elle invite à :
- Se remettre en question, retrouver son propre rythme ;
- Cesser le déni, prendre conscience de ce qui ne va pas ;
- Affirmer son positionnement, oser ses opinions, sans chercher à faire plaisir ;
- Traverser les turbulences en restant soi-même, dans la paix intérieure.
Actuellement, le moindre désaccord peut provoquer colère, frustration, confrontation. L’intelligence émotionnelle nous invite à profiter des points de vue divergents afin de construire ensemble un monde plus inclusif.
Se sentir ancré·e, solide, trouver la sérénité en soi sont les conditions indispensables pour traverser les turbulences. Cet équilibre se trouve à l’intérieur, en nous réalignant non pas sur des références extérieures, mais sur nos vraies valeurs.
Qu’est-ce que « s’aligner » à soi-même ?
Le terme d’alignement est souvent galvaudé en développement personnel, mais j’en retiens cette définition, qui éclaire bien la démarche IE :
S’aligner, c’est identifier ce qui ne fonctionne pas dans notre vie et le changer individuellement, sans attendre que la solution vienne de l’extérieur (famille, entreprise, gouvernement).
Cette posture invite à :
- Un retour à soi, à son intériorité ;
- Une prise de responsabilité libre et consciente ;
- Un apprentissage courageux, patient et persévérant.
L’intelligence émotionnelle propose un changement de paradigme : au lieu de chercher des solutions à l’extérieur, elle nous invite à revenir à notre boussole intérieure pour relever les défis et avancer.
Un fondement scientifique solide
- Lisa Feldman Barrett, neuroscientifique, rappelle que les émotions sont construites par le cerveau à partir d’expériences corporelles et de catégorisations mentales (années 2010).
- Antonio Damasio a démontré dès les années 1990 (L’Erreur de Descartes, 1994) qu’aucune décision rationnelle ne se prend sans activation émotionnelle.
- Bessel van der Kolk, clinicien en traumatologie (Le Corps n’oublie rien, 2014), affirme que « les émotions sont le fondement biologique de la raison
En bref, clarté, efficacité, relation aux autres passent par notre intelligence émotionnelle.
Parce qu’un monde complexe appelle des humains lucides et bien dans leur peau : Google l’a bien compris !
Quand tout s’accélère et que les incertitudes s’enchaînent, ce ne sont plus les seules compétences techniques ou intellectuelles qui comptent.
Ce sont nos capacités à ressentir, à nous ajuster, à poser des choix clairs, sans sur-réagir ni nous trahir qui vont aider les individus à continuer d’avancer.
Google l’a bien compris : depuis près de 20 ans, leur programme Search Inside Yourself forme leurs salariés à la méditation de pleine conscience et au développement émotionnel. Pas pour les rendre « zen », mais clairs, collaboratifs, résilients et équilibrés, condition de la performance durable.
3 pratiques concrètes pour découvrir votre intelligence émotionnelle
- Le scan corporel express (pleine conscience, 3-5 minutes)
Installez-vous en position assise ou allongée, puis fermez doucement les yeux.
Commencez par poser votre attention sur les mouvements de votre respiration, telle qu’elle est, sans chercher à la modifier.
Progressivement, élargissez votre conscience à l’ensemble de votre corps.
Sentez les points de contact :
- pieds contre le sol,
- fessiers sur la chaise,
- mains posées sur les cuisses ou sur un support,
- dos appuyé contre le siège…
Ressentez le poids de votre corps en entier et de vos appuis, leurs contours, les sensations à travers la surface de votre peau. Puis, laissez votre attention voyager librement : visage, nuque, thorax, ventre, jambes, mains, doigts… suivez le fil de votre curiosité.
Pendant quelques minutes, faites simplement un « état des lieux » : observez sans rien changer.
Si des pensées sans lien avec l’exercice surgissent, notez-les mentalement, puis revenez doucement à la zone du corps que vous explorez.
Pour finir, sentez l’effet de cette pause sur votre clarté d’esprit et sur votre état émotionnel.
La pleine conscience et ses effets prouvés
La pleine conscience, ou mindfulness, est une pratique d’attention volontaire portée au moment présent, sans jugement. Elle consiste à observer nos sensations, nos émotions et nos pensées avec bienveillance et curiosité.
De nombreuses études scientifiques ont démontré que la pratique régulière de la pleine conscience agit profondément sur notre corps et notre esprit :
- Réduction du stress : La pleine conscience diminue les niveaux de cortisol, l’hormone du stress, et aide à réguler la réponse du système nerveux face aux situations difficiles.
- Meilleure gestion des émotions : En cultivant une attitude d’acceptation, elle permet de reconnaître nos émotions sans se laisser submerger, favorisant ainsi la clarté mentale et la sérénité.
- Amélioration de la santé physique : La pratique régulière favorise la détente musculaire, abaisse la pression artérielle, améliore la qualité du sommeil et stimule le système immunitaire.
- Renforcement de la connexion corps-esprit : Elle affine notre perception des sensations corporelles, nous aidant à mieux écouter les besoins de notre organisme et à réagir de manière adaptée.
Ces effets ne sont pas uniquement théoriques : ils sont validés par des recherches en neurosciences, psychologie et médecine intégrative, qui montrent notamment une meilleure régulation des zones cérébrales impliquées dans l’attention, les émotions et l’autorégulation.
Ainsi, la pleine conscience est un outil accessible à tous, capable de renforcer notre intelligence vivante, de nourrir notre équilibre intérieur, et de soutenir notre capacité à vivre pleinement, même au cœur des tempêtes émotionnelles.
2) Le focusing corporel (5-10 minutes)
Commencez par exprimer mentalement une situation ou une idée qui vous habite en ce moment — cela peut être un projet, un conflit, une envie, une question ouverte.
Fermez doucement les yeux et revenez à l’intérieur de vous.
Prenez un instant pour simplement observer le mouvement naturel de votre respiration… sans chercher à la modifier.
Quand vous êtes prêt, posez-vous intérieurement la question :
- Qu’est-ce que mon corps me dit à ce sujet ?
- Est-ce un « oui » clair, un « non », ou plutôt un « pas encore ça » ?
Parcourez votre corps avec curiosité : quelles sensations physiques sont présentes ? Sont-elles agréables, neutres ou désagréables ?
Dans un premier temps, contentez-vous d’observer et de décrire ce que vous percevez, sans analyser, sans interpréter. Adoptez une posture de neutralité bienveillante, comme si vous écoutiez un ami cher que vous voulez soutenir et encourager.
Prenez le temps de repérer les micro-changements : une détente qui s’installe, une émotion qui émerge ou se transforme, une pensée nouvelle qui apparaît…
Revenez régulièrement à votre respiration, jusqu’à ressentir un inspire plus ample, un apaisement global ou un élan clair vers la suite.
- Qu’est-ce que le focusing et pourquoi ça marche
Le focusing est une approche développée par le psychologue américain Eugene Gendlin. Elle repose sur l’idée que notre corps porte, souvent en dehors de la conscience, des informations précieuses sur nos expériences, nos blocages et nos aspirations. Ces informations se manifestent sous forme de sens corporel (felt sense) : un ressenti global, subtil, qui englobe à la fois sensations, émotions et intuitions.
En prenant le temps de se relier à ce sens corporel sans chercher à le forcer ni à l’analyser, on permet au corps et à l’esprit de dialoguer. Ce processus favorise :
- La clarté intérieure : mieux identifier ce que l’on ressent vraiment.
- La régulation émotionnelle : apaiser tensions et inconforts en reconnaissant leur message.
- La prise de décision alignée : accéder à une réponse qui “sonne juste” pour soi.
Sur le plan neuroscientifique, le focusing active les zones du cerveau liées à l’auto-perception et à l’intégration sensorielle (cortex insulaire, cortex cingulaire), favorisant une régulation du système nerveux autonome.
En d’autres termes, il donne à votre corps la possibilité de « déplier » une émotion ou une tension, jusqu’à ce qu’émerge un nouvel espace intérieur plus calme et plus clair.
- La neuroception en action (15-20 minutes)
Installez-vous confortablement.
Commencez par choisir une image ou visualiser une scène agréable ou neutre — un paysage, un souvenir plaisant, un visage bienveillant — dans votre environnement ou sur l’écran de votre téléphone.
Prenez quelques instants pour observer ce qui se passe en vous :
- Complétez mentalement : « Quand je vois cela, je ressens en moi… »
- Puis : « Quand je vois cela, je perçois le monde comme… »
Remarquez vos réactions physiques : épaules qui se relâchent, respiration plus ample, regard qui s’ouvre, sensation de chaleur ou de légèreté dans le corps…
Identifiez vos émotions : calme, curiosité, tendresse, gratitude, joie douce…
Et notez les pensées ou croyances qui émergent : « je suis en sécurité », « la vie peut être belle », « je peux faire confiance »…
Maintenant, choisissez une image ou visualisez une scène plus inconfortable ou stressante.
Refaites le même processus : observez vos sensations corporelles (tensions, fermeture, agitation), vos émotions (inquiétude, tristesse, irritation…) et vos pensées (« je dois me protéger », « le monde est menaçant »…).
Cet exercice vous montre comment différents états intérieurs — connexion, activation, immobilisation — peuvent vous traverser selon ce que vos sens captent et selon votre histoire personnelle.
Développer votre intelligence émotionnelle, c’est apprendre à réguler ces états, à retrouver plus rapidement un état de sécurité et de clarté, surtout lorsque des expériences négatives s’installent durablement.
Pourquoi cet exercice fonctionne
La neuroception, concept clé de la théorie polyvagale développée par le Dr Stephen Porges, désigne la capacité de notre système nerveux autonome à évaluer en permanence si notre environnement est sûr, incertain ou menaçant — et ce, en dessous du niveau conscient.
En fonction de cette évaluation, notre corps entre dans l’un de trois grands états :
- Connexion (sécurité) : activation du système parasympathique ventral, favorisant détente, ouverture sociale et clarté mentale.
- Activation (alerte) : mobilisation du système sympathique, préparant à fuir ou à affronter un danger.
- Immobilisation (retrait, figement) : activation du parasympathique dorsal, pouvant amener au repli, à la sidération ou à l’engourdissement.
En prenant conscience de vos réactions physiques, émotionnelles et mentales face à différentes stimulations, vous entraînez votre cerveau à repérer plus vite ces états… et à activer volontairement ceux qui soutiennent votre bien-être.
Conclusion
Ces trois pratiques simples et adaptables prennent toute leur puissance lorsqu’elles deviennent régulières.
Elles nous reconnectent profondément à notre corps, à cette intelligence vivante souvent oubliée. Elles nous soutiennent surtout quand nous marchons à contre-courant du monde, lorsque l’extérieur ne nous offre aucune récompense visible.
Elles nous évitent de nager à contre-courant de nous-mêmes, pour nous inviter à entrer dans un courant plus juste : celui de l’équilibre intérieur. Un courant qui ne réclame aucun applaudissement, seulement de suivre le flux de nos ressentis, de nos valeurs authentiques, de ce qui nourrit vraiment notre soin personnel.
Car c’est là, dans cette attention à soi, que tout commence — pour pouvoir ensuite prendre soin des autres et œuvrer au bénéfice du collectif, que ce soit dans l’entreprise ou dans nos communautés.
Et vous, où en êtes-vous avec votre relation à vos émotions ?
Votre manière de ressentir est-elle un frein ou une boussole ?
Qu’est-ce que votre intelligence émotionnelle vous murmure, mais que vous n’entendez pas encore ?
Ce travail n’est pas un luxe : il est essentiel. Et il est accessible à chacun, dans le respect de soi et des autres, avec clarté, courage, humilité et coopération.
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Bibliographie indicative
- Barrett, L. F. (2017). How Emotions Are Made: The Secret Life of the Brain.
- Damasio, A. (1994). L’Erreur de Descartes.
- Van der Kolk, B. (2014). Le Corps n’oublie rien.
- Gendlin, E. (1978). Focusing.
- Siegel, D. (2010). The Mindful Therapist.
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